Ecrire quand le sommeil refuse de venir. La fatigue est là mais elle ne suffit pas.
J'ai enfin la chance d'avoir trouvé mon bonheur. La lumière au bout du tunnel, je la vois et pourtant... . J'ai tellement peur que ce bonheur s'écoule entre mes doigts.
C'est un moment de doutes au milieu de ce qui semble être un rêve. Des attentes qui sont là, partagées pour une fois, mais les doutes viennent comme un poison. Ils tourbillonnent puis s'échappent.
L'impatience est d'autant plus grande que l'attente a été grande. Un rêve de petite fille, de femme. Seule l'écriture me permettra de lâcher prise et de relativiser.
Peur de perdre ce qui a pris tant de temps à arriver, peur de ne pas pouvoir réaliser mon rêve alors que tous les ingrédients y sont ? La construction avance pas à pas.
Je me prends encore la tête. Je devrais faire davantage confiance en la vie. Mon passé me rattrappe sans cesse et pourtant, ces blessures je voudrais tant les effacer. Elles sont tellement insidieuses. Des paroles en rappellent d'autres et les images reviennent sans que le même contexte y soit. Un doublage raté. Quand je pense avoir écrit le mot fin, il y a toujours quelque chose qui m'y reconduit pour mieux ralentir la progression.
Je ne veux pas tout gâcher. Ces souvenirs douloureux doivent pouvoir se taire devant cette nouvelle chance que m'offre la vie.
Bien sûr, tout n'est pas parfait mais l'essentiel est là. L'amour... Je n'y croyais plus. Je pensais que je resterais là à errer en étant obligée de me détourner de mes rêves pour une autre vie. J'ai enfin la chance de serrer contre moi chaque jour celui qui partage les mêmes rêves que moi. Les exigences de la vie à deux sont compensées par les projets et les attentions de tous les jours. Peu à peu, je construis des expériences simples et positives. Mais le passé est un ennemi pour moi. Il a aiguisé ma méfiance envers les hommes. Je ne laisse rien passer par crainte de la manipulation ou par un manque de confiance en mon jugement. Je terrasse un à un mes démons.
Tout ce texte pour me donner envie de dire à toutes les femmes ou les hommes qui subissent des violences quelles qu'elles soient : "Partez, le plus vite et le plus tôt possible. Le temps passé entre les pattes d'un prédateur est un poison. Plus il est long, plus il détruit. N'attendez pas que l'autre change."
Pourtant, chacun son rythme et ce n'est pas si simple.
La leçon que je retire que tout cela est : de toujours faire confiance en la vie, de se battre et surtout toujours croire en ses rêves même si plus rien ne semble le permettre.
L'être humain s'adapte à tout et est très solide. Il se relève toujours s'il le souhaite. C'est pour cela que j'aime cette phrase "L'homme est un roseau pensant, il plie mais ne rompt pas." Le plus important pour moi a été de garder intacte ma force intérieure. Une liberté de penser dont le silence est la forteresse et la volonté la colonne vertébrale.
Une ligne directrice tournée vers l'espoir et la fureur de vivre.


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